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Les vertus du baobab (Adansonia digitata) tient son nom de l’arabe bu hibab, « fruit Ă  nombreuses graines ».

En effet, chacun de ses fruits ovales contient souvent plusieurs centaines de graines. L’Adansonia tire son nom de Michel Adanson, qui le dĂ©crit de manière approfondie pour la première fois en 1768 Ă  la suite d’un voyage au SĂ©nĂ©gal. Originaire d’Afrique, le baobab est un arbre au tronc massif ; adulte, il peut atteindre 25 m de haut et il est reconnaissable Ă  son tronc renflĂ© pouvant atteindre une circonfĂ©rence impressionnante de 12 mètres. Il est d’une croissance lente et a une longĂ©vitĂ© exceptionnelle pouvant atteindre 2000 Ă  3000 ans. Les fleurs blanches et pendantes sont suspendues au bout d’un long pĂ©doncule. Les fleurs Ă©closent Ă  la tombĂ©e de la nuit et se fanent au petit matin. Elles Ă©mettent un parfum puissant qui attire les chauves-souris qui profitent du nectar produit en abondance, tout en assurant la pollinisation. Les habituĂ©s du musĂ©e de Port-Louis se souviennent sĂ»rement de ces belles fleurs durant la pĂ©riode de floraison.

Éclosion de la fleur de baobab Adansonia digitata

Éclosion de la fleur de baobab Adansonia digitata

Le baobab est une plante Ă  usages multiples. Les fruits du baobab sont comestibles. Leur goĂ»t acidulĂ© plaĂ®t aussi bien aux humains qu’aux singes, d’oĂą leur appellation de « pain de singe ». Les jeunes pousses et les racines des jeunes plants sont consommĂ©es comme des asperges. L’écorce est fibreuse, grise et lisse ; elle est utilisĂ©e comme fĂ©brifuge et aussi Ă  la fabrication de cordes d’instruments de musique, de liens, de filets, de nattes et de teinture rouge. Le bois est mou et spongieux. Les graines du baobab se consomment grillĂ©es. Elles sont très nourrissantes. On s’en sert Ă©galement pour remplacer le cafĂ©. On en extrait encore une huile alimentaire. Riches en phosphate, les graines sont utilisĂ©es pour la fabrication de savon et d’engrais.

Le Baobab pouvant atteindre 2000 Ă  3000 ans

Le Baobab pouvant atteindre 2000 Ă  3000 ans

La sève entre dans la fabrication du papier. La pulpe renferme deux fois plus de calcium (380 mg/100g) que le lait demi-Ă©crĂ©mĂ©. Elle contient deux fois plus de vitamine C que le jus d’orange (avec près de 190 mg de vitamine C pour 100g contre 50 mg pour l’orange). Sa capacitĂ© antioxydant flirte avec celle du jus de raisin. Elle contient quatre fois plus d’Ă©nergie que la banane : 387 kcal pour 100g (contre 87 kcal).
La pulpe des fruits frais ou sĂ©chĂ©s mĂŞlĂ©e Ă  de l’eau fournit une boisson rafraĂ®chissante appelĂ©e bouye ou jus de bouye. Cette dĂ©coction est utilisĂ©e comme antidiarrhĂ©ique pour ses propriĂ©tĂ©s astringentes. La pulpe est utilisĂ©e contre le paludisme comme mĂ©dicament anti-fièvre, et aussi comme arĂ´me dans les pâtisseries et comme complĂ©ment alimentaire pour les femmes enceintes. La pulpe peut ĂŞtre brĂ»lĂ©e pour fumiger les insectes qui parasitent le bĂ©tail domestique.

Les fruits de baobab bio ou pain de singe produit par l'Adansonia digitata

Les fruits de baobab bio ou pain de singe produit par l’Adansonia digitata

Les feuilles de baobab sont riches en protĂ©ines et minĂ©raux (calcium, fer, potassium, magnĂ©sium, manganèse, phosphore et zinc). Elles peuvent se consommer bouillies. Au SĂ©nĂ©gal, le « lalo » est une poudre de feuilles de baobab sĂ©chĂ©es que l’on incorpore aux cĂ©rĂ©ales ou aux sauces, notamment lors de la prĂ©paration du couscous de mil. Les feuilles sont utilisĂ©es en dĂ©coction dans des tisanes mĂ©dicinales et contre le paludisme. Elles servent aussi comme fourrage pour le bĂ©tail durant la saison sèche. Partout en Afrique, les diffĂ©rentes parties du baobab – racines, tronc, Ă©corce, feuilles, pulpe, graines – sont exploitĂ©es Ă  des fins thĂ©rapeutiques et nutritionnelles. Dans la pharmacopĂ©e traditionnelle africaine le baobab entre dans la prĂ©paration de nombreux remèdes, tout particulièrement pour les problèmes digestifs mais aussi pour ses vertus anti-inflammatoires.

La feuille de baobab Adansonia digitata

La feuille de baobab Adansonia digitata

 

Ses feuilles ont des vertus mĂ©dicinales Ă©prouvĂ©es : on y trouve de la gomme et du mucilage, très efficaces pour lutter contre la dysenterie. Elles sont diurĂ©tiques, diaphorĂ©tiques, toniques et gĂ©nĂ©ralement utilisĂ©es contre la fièvre, la diarrhĂ©e, la dysenterie, les coliques, le lumbago ou l’ophtalmie, le ver de GuinĂ©e, les infections urinaires. Leur efficacitĂ© dans le traitement de l’asthme est aussi prouvĂ©e. Les Ă©corces fĂ©brifuges traiteraient le paludisme, l’inflammation du tube digestif, la carie dentaire, le rachitisme, l’anorexie et le lumbago. Les racines fortifiantes sont indiquĂ©es dans le traitement du paludisme. La pulpe du fruit cicatrisante et fortifiante pour l’enfant, traiterait la diarrhĂ©e, la dysenterie, l’inflammation de l’intestin et du foie. Les fibres rouges sont utilisĂ©es pour traiter l’amĂ©norrhĂ©e chez la femme. Les graines sont considĂ©rĂ©es comme remèdes dans le traitement de la carie dentaire, la gingivite, le paludisme, la rougeole et la gastrite. La sève est indiquĂ©e pour stopper la carie dentaire tandis que la gomme, utilisĂ©e comme dĂ©sinfectant pour les blessures, demeure efficace dans le traitement des maux de dents.